L’affaire a commencé lorsque le ministère tchèque de la Justice a accepté puis vendu un don en 2025. Elle porte sur l’origine du patrimoine et la conduite de ceux qui l’ont géré. La comprendre suppose de distinguer responsabilité politique, contrôle administratif et jugement de culpabilité pénale.
Au départ, du bitcoin a été transféré à l’État. Le ministère de la Justice désigne Tomáš Jiřikovský comme donateur. Le parquet supérieur d’Olomouc, abrégé VSZ Olomouc, rattache à mars 2025 un don de 468,468 BTC, évalué alors à plus de 960 millions de couronnes tchèques. Ce chiffre décrit une valeur à un moment précis. Il ne correspond ni au cours actuel, ni au produit de la vente par l’État, ni à un éventuel préjudice fixé par un tribunal. Ces montants répondent à des questions différentes. [1] [6]
Les doutes sur le don sont devenus une question de confiance envers la direction du ministère. Dans son discours du 17.6.2025, Petr Fiala a indiqué que Pavel Blažek avait décidé de démissionner le 30.5.2025, en y voyant une prise de responsabilité politique. Un ministre peut partir à cause d’une erreur ou d’une perte de confiance sans qu’un tribunal ait statué sur une infraction. Le discours consigne la position du gouvernement de l’époque ; il ne prouve pas à lui seul l’intention des participants ou l’origine du bitcoin. [2]
Il fallait ensuite établir ce qui s’était passé et dans quel ordre. Le ministère a publié une chronologie le 18.6.2025, qualifiant le travail de mission de conseil, et non d’assurance : il s’agissait de classer les pièces fournies, sans certifier leur exhaustivité ou leur authenticité. Les auditeurs travaillaient surtout sur des copies impossibles à vérifier entièrement. L’accès limité aux systèmes gênait aussi le suivi des métadonnées, les informations sur les documents, et de leurs validations. Ordonner les pièces aide à comprendre les événements, mais ne comble pas les lacunes. [3]
On a ensuite examiné si le ministère avait été suffisamment prudent. Dans son compte rendu des conclusions de Grant Thornton publiées le 31.8.2025, il a reconnu que les signaux de risque connus auraient dû entraîner davantage de vérifications de l’origine du don. Selon ce récit, les démarches nécessaires n’avaient pas été faites. Cette notice utilise le résumé public ministériel, pas l’audit intégral non public. Un défaut de contrôle est un constat sérieux sur une institution ; établir la culpabilité pénale d’une personne exige néanmoins une appréciation judiciaire distincte. [4]
La vente avait entre-temps fait intervenir les acheteurs de bitcoin. Une transaction amiable est un accord qui règle des droits et obligations contestés. Le ministère a annoncé des accords avec les plus grands acheteurs, affirmant alors ne verser aucune indemnité et conserver bitcoin et argent pour environ un milliard de couronnes. C’est sa présentation d’un règlement donné, pas la confirmation d’accords avec chaque acheteur ni un bilan final indépendant de toute l’affaire. Régler un litige patrimonial n’arrête pas non plus, à lui seul, la procédure pénale. [4]
Le 3.8.2026, VSZ Olomouc a annoncé un acte d’accusation visant quatre personnes. Il l’avait déposé au tribunal régional de Brno le 31.7.2026 : dépôt et publication sont donc deux dates distinctes. L’acte expose les comportements que le parquet considère comme criminels et les preuves qu’il entend apporter. Les faits reprochés et les peines demandées constituent sa position. Le tribunal doit les apprécier ; une peine requise ne doit donc pas être présentée comme une condamnation définitive. Cette distinction est essentielle pour lire la suite des informations. [1]
Une autre question concernait le maintien d’une personne poursuivie en détention pendant la procédure. Dans son communiqué du 12.8.2026, la Cour constitutionnelle a expliqué avoir annulé une décision régionale pour vice de procédure : le requérant n’avait pas reçu des observations du parquet auxquelles il devait pouvoir répondre. Elle protégeait ainsi le droit de discuter les arguments adverses. La Cour n’a retenu que les griefs procéduraux, sans apprécier la justification de la détention. Il ne s’agissait donc ni d’un acquittement ni d’un ordre de libération. [5]
Le donateur a aussi demandé à reprendre son don. Le ministère a indiqué avoir appris le 14.8.2026 une révocation pour ingratitude et avoir fait appel à PRK Partners pour protéger l’État. Cette prétention juridique repose sur un comportement allégué du bénéficiaire ; son annonce ne démontre pas qu’elle est fondée. Ce bilan, révisé le 22.10.2026, ne préjuge ni l’issue de ce litige ni celle de l’affaire pénale. Les communiqués cités documentent des étapes particulières, pas une décision finale sur toutes les questions. [6]
Pour une vision complète, lisez aussi On-chain Analysis, Chain Surveillance, Confidentialité de Bitcoin, Écosystème Bitcoin de Prague.